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Chateau d’Ecouen (ile de france – janvier 2009)

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Le château d’Écouen, situé à vingt kilomètres au nord de Paris, et qui surplombe la belle étendue de la plaine du pays de France, lancée à la rencontre de la forêt de Chantilly, abrite aujourd’hui les collections exceptionnelles du Musée national de la Renaissance. Il est pour elles un écrin tout aussi exceptionnel. Propriété d’un grand seigneur de la Renaissance, Anne de Montmorency, qui a grandi dans l’intimité de François 1er, puis prospéré sous la protection de Henri II, Écouen n’est pas une demeure comme les autres : elle inscrit dans ses pierres les ambitions et les succès d’un homme puissant qui est aussi un mécène et un esthète passionné d’art, elle incarne la vision moderne d’un seigneur qui guerroya en Italie et se promit de retrouver un jour sur ses terres l’éblouissement qu’il connut face aux palais transalpins.
Cet ardent collectionneur, bien souvent à l’avant-garde du goût, était aussi l’héritier d’une fortune colossale, qu’il accrût encore par une judicieuse politique d’acquisitions, par son mariage avec Madeleine de Savoie et par la faveur royale. À sa mort, en 1567, il possède quelque 130 châteaux disséminés dans toute la France et deux résidences parisiennes dont son hôtel de la rue Sainte-Avoye qu’il a doté d’une galerie peinte par Nicolo dell’Abbate. Tous ces lieux sont le théâtre de reconstructions, d’aménagements, voire de véritables projets architecturaux, comme ceux du petit château de Chantilly (1559) ou du stupéfiant pont-galerie de Fère-en-Tardenois, tous deux conçus par Jean Bullant. Mais Écouen reste son chef-d’oeuvre.

La famille Bouchard de Montmorency possède la terre sur laquelle s’élève un château médiéval. Anne de Montmorency le fait raser en 1538 et décide d’y élever une demeure digne du titre de Connétable qui vient de lui être décerné. Les travaux vont durer jusqu’en 1555 et tout ce que la France compte d’artisans prestigieux, français ou étrangers, ayant souvent oeuvré sur le chantier royal de Fontainebleau -Jean Bullant, Bernard Palissy, Masseot Abaquesne, Jean Goujon, peut-être Nicolo dell’Abbate- va se succéder à Écouen. Le château se couvre de pavements, de vitraux, de lambris, de frises et de paysages peints, de marbres et de fontes. Les arts décoratifs suivent et ce sont les chatoyants émaux de Léonard Limosin, des poteries de Saint-Porchaire, la majolique italienne, des tapisseries à profusion, des peintures d’artistes comme le Rosso, des livres rares et des pièces d’orfèvrerie d’une virtuosité stupéfiante qui s’amoncellent pour créer une ambiance d’un luxe inouï, bien digne, en effet de devenir le lieu de villégiature favori d’Henri II.
Le château resta dans la famille du Connétable en ligne directe jusqu’en 1632, date à laquelle son petit-fils Henri eut la tête tranchée par ordre de Richelieu dont il ne soutenait pas la politique. Quelques mois après sa confiscation, Écouen est rendu à la soeur du malheureux supplicié, Charlotte d’Angoulême. En 1696 sa petite-fille, la duchesse de Joyeuse, sans descendance lègue la propriété à la famille des Condé, qui possède déjà Chantilly. Écouen restera dans leur patrimoine jusqu’à la Révolution et, en 1787, pour mieux voir la campagne environnante, ils abattent l’aile d’entrée ou orientale qui renfermait probablement des fresques de Nicolo dell’ Abbate et des pavements de Masséot Abaquesne

La révolution affecte au château diverses fonctions : lieu de réunion d’un club patriotique, prison militaire, hôpital. Enfin, Le 15 décembre 1805, Napoléon y prescrit par décret l’ouverture d’une maison d’éducation pour les filles de la Légion d’Honneur. En octobre 1807, après la reconstruction d’une aile orientale, la rentrée des élèves se fait sous la direction de l’intendante Madame Campan à laquelle Napoléon avait dit : « Faites-en de bonnes mères de famille catholique, je ne veux pas de bas-bleus « .
Elles seront quelques milliers à connaître cette éducation, quoique Écouen ait cessé de répondre à ces voeux entre 1814 et 1850, période où Louis XVIII l’avait restitué aux Condé qui le laissèrent peu ou prou à l’abandon, à partir de 1830. En 1850 Louis-Napoléon y fait transférer la Maison de la Légion d’honneur située rue Barbette à Paris. Désormais, l’éducation des jeunes filles est à nouveau le rôle principal d’Écouen, jusqu’en 1962. On le met alors à disposition du Ministère des Affaires culturelles pour y accueillir le Musée national de la Renaissance qui ouvre ses portes après de lourds travaux de restauration en 1977. L’essentiel des collections qu’on y trouve -dont la splendide tapisserie de David et Bethsabée, avec ses dimensions contraignantes, 75 m de long sur 4,50 de haut qui ont trouvé dans la galerie de Psyché un havre providentiel- vient du Musée de Cluny, où elles ont été acquises par Edmond du Sommerard. Quant aux objets provenant du château -vitraux, pavements, serrures ou fragments rescapés de l’aile orientale- ils ont été intégrés à la muséographie.

Commentaires

  1. Ja dit :

    je viens de lire « Secrets de cour » d’Inès de Kertanguy
    Magnifique livre évoquant la vie de Mme CAMPAN, première femme de confiance de Marie-Antoinette.
    Existe-t-il encore des femmes aussi honnêtes, humaines, qu’elle à notre époque ? J’aimerais y croire.

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